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 - CULTURE ALTERNATIVE -

-La bioponie aussi à l'échelle industrielle-

Note : 3.6/5 (5 notes)

  • faab
  • Mercredi 26/03/2008
  • 17:34
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 , c’est bio ?


mercredi 21 juin 2006, par Xavier 

Une nouvelle tendance fait surface en agriculture biologique : la production végétale hors sol. C’est plutôt étrange car que la production biologique d’aliments a toujours, sans exception, dépendu de la fertilité du sol. Les normes de certification fournissent des directives détaillées sur la façon dont on doit protéger, conserver et construire le sol. Les processus biologiques du sol sont essentiels pour convertir les engrais biologiques en formes assimilables par les plantes. Comment est-ce qu’un mode de production sans sol qui utilise des éléments nutritifs dissous dans l’eau - la culture connue sous le nom d’hydroponique - puisse être considérée comme biologique ?

Dans une serre de 743 m2 (8 000 pi2) près de Westport, entre Kingston et Ottawa, on fait pousser des fines herbes et des légumes verts gastronomiques biologiques dans ce que nous croyons être la première serre biologique certifiée et « hydroponique » du Canada. En mars 2003, Ray Cooper et son associée Gerrie Baker, ont planté leurs premiers plants de basilic dans un mélange de mousse de tourbe, de perlite (roche volcanique exfoliée) et de compost. Dix jours plus tard, les jeunes plantes furent transplantées dans des lits de perlite des tables de contre-plaqué inclinées.

Une solution d’éléments nutritifs est pompée d’un réservoir de 4 091 litres (900 gallons) situé à l’extrémité supérieure de chaque table. Au lieu d’arroser les plants par le dessus, on trempe les racines des plantes dans un film d’éléments nutritifs solubles qui coule le long de la table. Le principal ingrédient, indique Gerrie, « est que les plantes reçoivent autant d’air que d’eau. C’est cela qu’apporte la perlite. »

L’écoulement des substances nutritives est déterminé par un dispositif électronique qui mesure la lumière solaire accumulée. L’objectif d’assurer que la plante reçoit juste assez de nutriments pour correspondre au taux d’énergie qu’elle capte du soleil par photosynthèse. Cela présente deux avantages. Lorsque les aliments sont fournis aux plantes à un rythme correspondant aux besoins de la plante, on élimine les pertes. La solution inutilisée est recyclée et retournée dans le réservoir principal par l’intermédiaire d’un filtre ultra violet qui détruit les algues et les bactéries. Deuxièmement, un régime de fertilisation bien conçu produit des plantes à croissance rapide robustes et résistantes aux parasites et maladies.

Le principal engrais utilisé est fait à partir d’ingrédients comme de la farine de poisson, du guano d’oiseaux marins composté, de l’extrait de soja, du carbonate de potassium et de l’extrait de canne à sucre brut. Le rapport N-P-K est de 3-1, 5-4. On analyse des tissus de feuilles pour détecter toutes les carences en oligiéléments comme le zinc, le cuivre ou le fer. Ces éléments peuvent être mélangés à la solution, tout comme de l’engrais azoté concentré (16:0:0 N-P-K) si c’est nécessaire d’équilibrer le mélange. Tous les engrais sont approuvés par Organic Crop Producers and Processors (OCPP), l’organisme de certification biologique de Ray et Gerrie.

Les solutions d’éléments nutritifs ne sont pas nouvelles en agriculture biologique. Par exemple, on utilise largement les émulsions de poissons et les extraits d’algue dans les serres qui produisent des plants dans le terreau. Les champignons et les bactéries qui se retrouvent dans le purin de compost peuvent aider à protéger les plantes des maladies. Il est cependant peu commun d’avoir recours aux engrais solubles comme source unique de nutriments dans les systèmes biologiques.

Les populations d’organismes bénéfiques ou nuisibles sont très contrôlées dans les serres hydroponiques. D’une part, la lutte biologique à l’aide de nématodes actifs comme Steinermenia feltaie contre les fongicoles est à la fine pointe des techniques présentement utilisées. L’utilisation répandue d’eau de javel, cependant, afin de conserver des conditions stériles et empêcher le développement de maladies des plantes, démontre bien que les serres hydroponiques sont des environnements artificiels qui ne fonctionnent pas bien dans des conditions normales de croissance et de décomposition.

Gerrie Baker croit que les clients sont intéressés à acheter ses produits parce qu’ils apprécient le goût, la propreté et l’uniformité des produits hydroponiques.

« J’aime bien voir un mariage entre les techniques hydroponiques et biologiques, pour le bénéfice des clients, » dit-elle. Ils obtiennent ainsi produit de qualité supérieure. Les qualités nutritionnelles et esthétiques de ces aliments sont certes attribuables au fait qu’ils sont produits selon des méthodes biologiques, mais aussi dans environnement exempt d’insectes et de champignons.

Dans la communauté biologique, tous ne partagent pas l’enthousiasme de Gerrie Baker. En fait, la question de la culture sans sol soulève des débats depuis les années 40. Actuellement, les organismes de certification biologique de la Colombie-Britannique et Demeter excluent tout à fait la culture hydroponique de la certification biologique. Le programme biologique national des États-Unis n’a pas encore pris position sur la matière.

Il s’agit en fait de déterminer si la production biologique doit être réglementée comme un processus basé sur le respect des principes bien définis de l’agriculture biologique, ou, si la certification biologique peut reposer sur l’utilisation d’une liste de matériaux homologués. La production hydroponique biologique semble avoir le feu vert non pas parce qu’elle ressemble aux modèles établis en production végétale biologique, mais parce qu’on n’y utilise pas de substances interdites en agriculture biologique.

Cela a-t-il de l’importance ? Peut-être pas, mais cela pourrait au moins mener à une importante question de crédibilité. Considérons d’abord que la présente beaucoup d’avantages, deux d’entre eux étant l’utilisation efficace des éléments nutritifs et un à faible risque de pollution du sol et de l’eau. Dans ce cas, pourquoi ne pas permettre l’utilisation d’engrais conventionnels en production « hydroponique biologique » ? Les engrais ne nuiront alors pas aux processus naturels du sol car, contrairement à la culture en champ, la culture hydroponique ne comprend aucune interaction plante/sol pouvant être perturbée. La pollution ne représente pas non plus une menace, étant donné que les exploitations hydroponiques produisent peu de déchets. Bien que les normes biologiques interdisent clairement l’utilisation des engrais artificiels, cela ne semble pas vraiment justifié dans le cas de la culture hydroponique.

Tôt ou tard, à mesure que la production hydroponique se répandra, et cela va certainement arriver, de puissants intérêts feront des pressions pour permettre l’utilisation d’engrais artificiels en production « hydroponique biologique. » Cette controverse aura peut-être pour conséquence de déterminer si les agriculteurs biologiques continuent à respecter la maxime « nourrir le sol, pas la plante. »

 

Rupert Jannasch, M.Sc., P.Ag. consultant pour le Centre d’agriculture biologique du Canada

 

 



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